Financement climatique au Cameroun : Le Fonds Vert pour le Climat approuve plus 140 milliards de FCFA au profit du projet RACINE

Réuni le 27 octobre 2026 à Songdo, en République de Corée, à l’occasion de sa 46e session, le Conseil d’administration du Fonds Vert pour le Climat (FVC) a approuvé la proposition de financement portée par le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) dans le cadre du projet RACINE (Resilient Agriculture for Climate, Investment, Nature and Equity). Cette décision marque une avancée majeure pour le Cameroun en matière de mobilisation des financements climatiques et de transformation durable des filières cacao et café.

Le Cameroun l’a fait à Songdo en république de Corée! 215, 9 millions d’euros soit environ 140,96 milliards de FCFA ont été approuvé par le Fonds Vert pour le Climat en vue du financement du projet RACINE (Resilient Agriculture for Climate, Investment, Nature and Equity). Cette approbation constitue une avancée majeure pour l’Afrique centrale, le Cameroun s’affirmant comme un acteur de premier plan dans la mobilisation des financements climatiques destinés à la transformation de ses filières agricoles.

Ce financement global repose sur trois contributions notamment ; 87 millions d’euros du Fonds Vert pour le Climat, comprenant un prêt concessionnel de 78,30 millions d’euros et un don de 8,70 millions d’euros ; 40,4 millions d’euros du Central African Forest Initiative (CAFI), sous forme de don lié au développement durable, suivant un mécanisme de paiements fondés sur les résultats ; et 88,50 millions d’euros de ressources nationales, provenant de la redevance sur les exportations de cacao et de café, affectées au FODECC par le ministère chargé du Commerce.

Cette architecture financière illustre la volonté du Cameroun de s’appuyer sur ses propres mécanismes de financement pour mobiliser des ressources additionnelles en faveur de la transition agroécologique et du développement durable. Elle s’inscrit en droite ligne des orientations de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) et des engagements de la Lettre d’intention Cameroun-CAFI 2025-2035, qui accordent une place centrale à la transformation structurelle de l’économie, à la préservation des forêts et à la promotion de modèles de développement résilients au changement climatique.

Il convient de souligner que le projet RACINE ambitionne de transformer les chaînes de valeur du cacao et du café au Cameroun en systèmes de production plus productifs, résilients aux changements climatiques, traçables et exempts de déforestation. Pour atteindre ces objectifs, le projet repose sur plusieurs axes d’intervention complémentaires, notamment l’intensification durable de la production, la transition agroécologique, le développement des infrastructures de traitement post-récolte, l’aménagement du territoire et la mise en place de mécanismes d’incitation financière gérés par le Fonds de Développement des Filières Cacao et Café (FODECC).

A terme, cette initiative devrait contribuer à porter la production nationale de cacao d’environ 306 000 tonnes à 600 000 tonnes, soit un quasi-doublement des volumes actuels. Elle vise également à améliorer significativement les rendements agricoles, avec un passage de 350 à 750 kg par hectare pour le cacao et de 220 à 600 kg par hectare pour le café. Par ailleurs, grâce à l’amélioration des techniques de récolte, de traitement et de conservation, le projet ambitionne de ramener les pertes post-récolte de 18 % à 4 %. Ces résultats attendus devraient contribuer à renforcer les revenus des producteurs, à améliorer la compétitivité des filières nationales et à consolider leur contribution à la croissance économique.

Au-delà des performances agricoles, RACINE entend concilier développement économique et préservation du patrimoine forestier national, en favorisant des pratiques de production durables et des chaînes d’approvisionnement respectueuses de l’environnement.

Le dispositif de gouvernance du projet fait intervenir le MINEPAT en qualité d’Entité accréditée auprès du Fonds Vert pour le Climat, tandis que le FODECC assure le rôle d’Entité exécutante. Cette configuration repose sur les capacités institutionnelles du MINEPAT en matière de gestion fiduciaire, de respect des sauvegardes environnementales et sociales et de prise en compte des questions de genre, conformément aux exigences du Fonds Vert pour le Climat.

Le Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, dont la voix a été portée à Songdo par son équipe conduite par NNANGA Ernest, Chef de Division de la Prospective et de la Planification Stratégique, par ailleurs Coordonnateur Principal National de l’Équipe RACINE, exprime sa gratitude au Conseil d’administration, au Secrétariat et au panel technique indépendant du Fonds Vert pour le Climat, ainsi qu’au Secrétariat de CAFI et à ses contributeurs. Le MINEPAT salue également la contribution du Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (MINEPDED), Autorité nationale désignée auprès du FVC ; du FODECC ; de l’ensemble des équipes nationales et des experts ayant contribué à l’élaboration et à la présentation du dossier.

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